J’ai enfin retrouvé ma fée. Vous vous souvenez celle de mon rêve. La magnifique petite fée bleue qui m’avait entrainé dans une dance magique. Ou le temps n’existait plus et où elle avait eu pour moi, une phrase si complexe mais en même temps si belle : « … laisse sortir les couleurs de tes veines pour que le monde chante du même cœur que toi … ».

Je m’étais décider à aller au rendez-vous, le lendemain… Souvenez-vous elle m’avait donnée rendez-vous, rue des oiseaux. Je me suis donc préparé. J’avais pris mon sac à dessin. Le même que j’utilise pour donner des couleurs au monde…

Je n’étais pas rassuré, je n’étais pas tranquille. Allez-t-elle être là ? Allez t’elle me reconnaitre ? Est-ce que je vais la reconnaitre ??

Je me souvenais sur le trajet de cette rencontre au fond de mon cerveau. Ce voyage en dehors de ce corps que je ne supporte pas, cette musique entêtante qui m’appelait… et cette vision… ce petit bout de femme, cette fée, toute de bleu vêtu. Je tenais serré au creux de ma main, ce mot qui m’invitait ce soir…ce mot comme un parfum, que je portais à mon nez pour tenter de retrouver son odeur.

Qu’allait-il se passer ? Allait-on retrouver les mêmes sensations, les mêmes sentiments… Est-ce dans ce monde que son cœur n’était pas pris ? Je n’allais pas tarder à le savoir…

Rue des oiseaux, j’y étais. Je ne pouvais pas tourner les talons. Cela n’était pas moi. Il y avait dans cette rue 4 bancs. 2 étaient pris. Sur l’un deux il y avait deux ados qui regardais leurs téléphones. Sur l’autre une silhouette. Dans ses cheveux, un rose bleu. Je l’avais trouvé.

Je me suis approché dans son dos, je me suis penché, j’ai dégagé son oreille, et je lui ai lancé doucement un « Danse avec moi ». J’ai senti remonté du bas de son dos un frisson, j’ai vu sa peau devenir chair de poule. Sa tête est venue toucher la mienne, et j’ai déposé un baisé dans le creux de son cou. Nos yeux se sont croisés. Nous nous étions retrouvés.

Elle s’est levée, m’a fait face. Elle n’a rien dit. J’ai contourné le dernier obstacle qui nous séparé. Tout en la regardant, je lui ai tendu la main. Elle l’a regardé, elle a souri, comme si elle attendait cela depuis longtemps. J’ai lu dans ses yeux un soulagement.

Lorsqu’elle a posé sa main sur la mienne, j’ai senti la chaleur et la douceur de sa peau. Nos doigts se sont emmêlés, nos mains se sont serrées. Nos corps se sont rapprochés, se sont collés et nous nous sommes enlacés. Elle a senti mon sac de peinture, son regard interrogateur m’a obligé à répondre. « Je peins les rues pour redonner le sourire au gens ». Elle a glissé sa menotte dans le sac en a sorti une boite. Les pastels. Souviens-toi, je t’ai appris à danser en écoutant ton cœur, apprend moi à peindre le monde à travers le mien cœur »

Encore une fois, on ne peut rien refuser à cette fée. La rue des oiseaux est une vieille rue. Sauvage, la nature reprend le dessus. Le muré qui entoure le parc est repris par les herbes, par les fleurs. Le l’ai pris par la main, entrainée en face du muré. Je me suis mis derrière elle, mes mains sur les hanches. Je me suis penché, et je lui expliqué qu’il fallait fermer les yeux, laissé la nature la submerger, l’amour la recouvrir. Ouvrir son cœur, tendre les bras et lâcher prise.

J’ai vue sur son visage, un sourire que je n’avais pas encore vu. Un mélange de plaisir et d’enthousiasme. Moi aussi j’ai pris un pastel, j’ai fermé les yeux et j’ai commencé à dessiner au-dessus de son épaule. Nos bras dansaient comme un couple faisant du tango. Ils se frôlaient, se croisaient, se touchaient. Nous étions pris dans cette danse endiablée. Nous étions dans une espèce de balai, interminable, totalement fou. Nous étions dans notre monde. Cela a duré un bon moment peut être même des heures. Lorsque je suis sorti de cette danse, ma petite fée elle continuait. Je rouvris les yeux. Je découvris notre œuvre. Elle était majestueuse, pleine de couleurs, pleine de nuances. Nous venions inconsciemment de réaliser l’œuvre d’une vie. Une farandole de motifs, rappelant inexorablement le cœur. Essence même de notre histoire, nos cœurs rassemblés ont fait des miracles. Cette rue d’habitude si triste et terne, ressemblé à notre rêve, l’herbe avait recouvert le béton, les arbres étaient bien présents, et une multitude de fleurs colorés avaient pris place.

Il fallait maintenant que j’arrête ma fée. Je me suis callé sur ses pas, passant de derrière a devant, de droite à gauche. Je réussi à l’attraper à l’atterrissage d’un vol majestueux ou elle perdit l’équilibre. Nous avons roulé sur le doux tapis d’herbe fraiche. Ecroulés côte à côte, nos mains jointes, plongés dans le regard de l’autre. Le silence s’installa après les éclats de rire de notre chute. Il fallait que quelqu’un coupe se long silence qui s’installé. Elle, moi ? C’est moi qui rompis ce moment. « Je t’aime », ces deux mots été sortis seuls, je n’ai pas réfléchi aux conséquences.

Qu’allait-elle faire ? Qu’allait-elle dire?

Elle me regardait, surprise de ces mots briseurs de silence. Passé la surprise sa bouche s’est ouverte, elle préparait sa réponse. Rien ne venait, rien ne sortait. Elle s’est redressée, ma regardé. Allait-elle se lever et partir ? « Je me demandais si tu allais oser ». Elle s’est penchée, et ses lèvres sont venu gouter les miennes. Sa main posée sur ma poitrine.

J’ai retrouvé ce gout de guimauve qui me hantait depuis la nuit dernière. Ce gout de friandise sucrée, dont nous tombons tous accros.

« Regarde ce que nous sommes capables de faire ensemble », me dit-elle une fois que nos lèvres se sont séparées. Nous nous sommes relevés nous tenants par la taille. Nous avons regardé notre chef d’œuvre. Nous venions de redonner au monde une nouvelle vie. Une vie tels que nous l’avons rêvé.

Voudra-t-elle partagé ce monde ? Voudra t elle m’accompagner au bout du chemin ?

La nuit tombait, la lune était là, éclairant le visage angélique de ma petite fée. La regardant dans les yeux, lui prenant les mains et les serrant contre mon cœur, je ne pus m’empêcher d’avoir les larmes qui coulaient que ma joue. D’un geste tendre et bienveillant, elle entreprit d’essuyer une à une ces petites gouttes d’eau. Cette sensation assécha la source de mes larmes. « Reste avec moi, ne me quitte pas…Je suis à toi ». Cette phrase eu l’effet d’une bombe. Elle resta bouche bée. « Je m’offre à toi ». Elle s’effondra en larmes, s’accrochant à mon cou, sa tête au creux de mes bras. Entre deux sanglots, j’entendit « J’ai cru que j’étais amoureuse de l’amour, mais tu es arrivé. »

Nous nous sommes embrassés, elle a mis ses mains dans mon sac, en a sorti une bombe de peinture argent, a regardé le mur, a trouvé la meilleure place, et a commencé à écrire une phrase que j’avais rêvé un jour d’insomnies :

Nos cœurs se sont mis à battre ensemble une mesure à 2 temps.

J’ai compris que plus rien ne se serait pareils. La vie nous avait mis sur le même chemin, nous nous sommes croisés, nous nous sommes perdus, nous nous sommes retrouvés, nous ne nous quitterons plus. Nous avons maintenant une vie à reprendre.