Lettre a mon grand père.
Une bouteille a la main, je réfléchie. Perché les pieds dans le vide, je regarde ma vie. Assis là-haut, je te revois. Toi, imposant par ta carrure. Toi, imposant par ta voix, Toi imposant le respect. Un respect sain, pas celui de quelqu’un dont on a peur. Aujourd’hui tu es parti il y a bien longtemps. Tu es partie rejoindre les tiens. Tu les as laissés pour venir ici. Ici en bas, dans le noir de terre.
Tu es arrivé seul, laissant femme et enfants dans ta montagne natale. Toi le berger, respirant l’air pure des montagnes italiennes, tu es partie les poumons noirs de ce putain de charbon.
Toi, le père de famille, ta voix me manque, ton accent chantant dans mes oreilles, tu m’as transmis tes valeurs, ton amour des autres. A toi je ne pouvais rien refuser, tu m’inspirais, je voulais être comme toi, comme ton fils, mon père.
J’attendais et savourais les mercredis, c’était pour moi du temps avec toi. Dedans devant la télé, dehors dans la cours, dans le jardin… Qu’importais le lieu, seul le temps avait son importance. Toujours trop rapide.
Je te revois toi, a table, chez toi ou au club. Les gens t’écoutaient religieusement, les gens buvaient tes paroles. Tu étais le sage, et pour beaucoup un guide. J’étais ton premier disciple.
Ton fils, mon père est comme toi… et moi… je veux être comme vous, je veux transmettre nos valeurs à mes deux anges.
Tu es parti trop vite… J’avais encore tellement de chose a apprendre de toi… Je voulais connaitre toute ta vie d’avant, ta vie au fond…. Je n’ai pas eu le temps… Je n’ai pas écouté quand tu racontais, je m’en veux maintenant. Toi et ta femme, vous avez écrit le premier chapitre de notre famille. Chacun a pris votre histoire pour écrire son propre livre. Le mien en est au 3eme chapitre, Il est semé d’embuche. Je te livre ici mes maux. Mes enfants prendront mon livre pour que chacun écrive dans son propre livre le chapitre 4, celui de leur propre vie. N’est-ce pas comme cela que les histoires s’écrivent ?
Dans un mois, c’est noël… Dis-moi tu te souviens des noëls chez toi ?? Les adultes d’un côté, les enfants de l’autre… Plus le temps passait, plus la table des adultes grandissait… On était vraiment à l’étroit chez vous, dans votre maison des mines… Mais on s’en foutait, on était heureux !
Tu es parti trop vite. Tu me manque. Hier j’ai lu un livre qui m’a fait penser à toi, plutôt à quand tu es parti. Je l’avais déjà lu ce livre. Les larmes avaient coulé à l’époque…Là c’était différent je le lisais pour elle. Et je n’ai pas réussi. Je nous ai revus, chez toi, dans ton champ, en Italie, a la montagne, dans ta « baraque » pour tuer le moutons ou le cochon… a hacher la viande, a plumer poule et poulet…. Couper la tête du canard et voir ton sourire quand de mes yeux je le voyais courir sans tête….
Un vide dans mon cœur est présent et je n’arrive pas a le combler, je n’arrive pas a panser cette plaie ouverte depuis de nombreuses années. Je suis loin aujourd’hui d’être comme toi, comme lui. Mais j’essaie vraiment. Je progresse, j’ai beaucoup progressé depuis 8 mois. Toi de là-haut tu sais pourquoi. Est-ce que c’est toi qui m’a envoyé ce cadeau ? est-ce que c’est Nonnine ? Après tout est ce important de savoir. Ce cadeau est arrivé, il m’a accepté. Je grandis.
Tu es partie trop vite, trop vite. Je n’ai pas compris pourquoi tu m’avais laissé la. J’étais jeune, je me construisais en te prenant pour exemple. Je t’en ai voulu. Mais je sais que maintenant que c’est ton corps qui a dit stop. Il avait besoin de repos, il a juste des pris des vacances longue durée.
Je ne te dis pas à bientôt. Le plus tard serais le mieux, j’ai plein de chose a vivre et plein de chose a apprendre a Esteban et Pia.
Nonno, tu ne quittes jamais mon esprit, je t’aime…..
Nicolas.
© Nicolas D’ANDREA
Laisser un commentaire