Je suis seul, sur mon lit de fortune
Allongé sur la dalle, le dos sur mon carton.
Le froid gagne l’intérieur de mes os,
Ma joue posée sur le peu de laine qu’il me reste…
Je sens comme toutes les nuits mes larmes couler.
Elles coulent et se figent, la température est de -2.
Mon sang coule difficilement dans mes veines contractées par le froid,
J’ai connu température plus basse, mais mon corps n’était pas usé.
Mes pieds sont endoloris par le froid.
Avant j’étais bien, au chaud dans mon bureau
J’avais tout pour être heureux, Métro, boulot, dodo.
Ma voiture et mon appart.
Tout s’est effondré un jour de 2010, une crise plus tard
Je suis là sur la dalle de la ville lumière,
Entre le portail de la Fnac et les marches froides faites de marbre
Le jour, je suis sur le banc d’en face
La nuit, ici à la même place
Cette nuit est particulière, le froid est là, la maraude est passée
Il ne reste que les fêtards qui passent sans me voir
Je ne suis plus rien à leurs yeux. Juste une ombre.
Une ombre de la nuit, qui au lever du jour disparaît de la vue des bons gens.
Demain le soleil brillera, et moi je serai éteint.
Le froid m’aura pris, sans que personne ne me voit partir.
Cette nuit est particulière car c’est la dernière que je passe ici.
Demain, la Fnac ouvrira, et le vigile me trouvera,
Allongé la tête dans mes mains
Les larmes sèches sur mes joues.
Demain je ne serai plus,
Juste +1 sur le compteur dans un bureau.
Demain je ne serai plus, Ciao le monde !
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